MILLENIUM - Jericho -
NOTHING TO SAY
Franck Leber

 


C'est le grand retour de MILLENIUM, attendu depuis Hourglass sorti en 2000 avec Jorn lande au chant. Pourquoi retour ? Parce que c'est un retour aux sources avec à nouveau Todd Plant comme chanteur, lui qui avait si bien lancé MILLENIUM après le succès connu et reconnu de Eyewitness. Car le bonhomme a une sacrée voix, un timbre si particulier et si rocailleux qui fait frémir. Dès l'entame du cd avec " My Saving Grace ", on se retrouve transporté dans cet univers chaleureux et mélodique, qui forge l'ambiance hard rock américain du groupe : intro et outro piano du plus bel effet, guitares plombées à connotation heavy même de Ralph Santolla et Shane French mais apportant un cachet particulier à ce morceau digne des meilleurs jours d'Angelfire (album sorti en 1999), avec en plus des solos percutants. Le ton est donné, c'est brut mais efficace. Et les morceaux s'enchaînent ensuite avec force, mélodies et enthousiasme, il y règne une tension musicale extrême, avec des guitares très affûtées qui pointent leurs riffs bien en avant, comme sur " My war ". On notera tout de même une uniformité palpable sur les morceaux en milieu d'album comme " Heresy, Morning Star " ou " Above This World ", titres construits sur le même moule, à savoir chant bien posé, guitares en avant et incisives mais peut-être avec un manque d'originalité et de spontanéité. La production est brute mais correcte. Cela nous donne certes un album de très bonne facture surtout que les 2 dernières compositions à savoir " Let There Be Light " (avec l'apparition des claviers bien vivaces) et " Burning Again " (titre de plus de 6 mns) sortent du lot, avec beaucoup de mélodies, de hargne et du punch à revendre, sans oublier les guitares, très percutantes tout au long de l'album et aux solos ravageurs. Une excellente surprise ce " Jericho ", qui apporte son lot de découvertes pour les uns et une confirmation attendue pour les autres.