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..:: INTERVIEW MATTIAS IA EKHLUND ::..

Paris,le 16 mai 2004
par Alex Ory

 

Ton premier Freak Guitar est sorti en 1999. Que c'est-il passé ces 5 dernières années ?

Et bien… plein de choses. Tout d'abord, je me suis acheté de nouvelles paires de chaussures (rires). Le premier Freak Guitar est sorti en 1999. A notre grand étonnement, il s'est très bien vendu. Personne n'y croyait. Mais ça a été une des meilleures ventes en Asie du Sud-Est. 10.000 albums. Il a été enregistré dans une baignoire, et est apparu sur 8 chaînes ! Steve VAI m'a appelé un jour pour me dire qu'il aimait vraiment ce que je faisais et qu'il voulait l'éditer. J'avais du mal à le croire. Il a été édité en 11 versions différentes. Dingue. Je me suis donc acheté une maison à Gothenburg avec une grande cheminée, 3 chats et un chien français, un beauceron. Je possède une petit forêt et une belle rivière. Mon studio se trouve au sous-sol. Je pense être quelqu'un de très chanceux. J'ai beaucoup tourné et enregistré avec Freak Kitchen. La vie est vraiment belle. J'ai commencé à enregistrer le deuxième Freak Guitar, 'The Roadless Travel', il y a deux ans. C'est vraiment cool d'avoir son propre studio, parce que tu peux prendre le temps qu'il te faut. Je me lève tôt le matin, j'emmène promener mon beauceron, je déjeune avec ma fiancée, prend une tasse de café et vais au sous-sol pour travailler aussi longtemps que j'en ai envie. Je pense que ça s'entend dans la musique, c'est fait de façon passionnée et sympathique. J'aime expérimenter de nouvelles choses, mais le temps est vraiment le mot-clé.

Sur ce nouvel album, de 23 titres, nous pouvons entendre différents styles musicaux tels que le jazz, la samba… Est-ce une façon de nous parler de la musique que tu aimes ou qui t'influence ?

J'apprécie beaucoup de syles musicaux. Je les utilise en espérant que le tout donnera quelque chose de vraiment " organique ". Et là tu te dis "ok ! c'est un album sympa pour des gens bizarres". Je ne veux pas faire un album uniquement pour guitaristes ou musiciens. J'aime le fait que des personnes très différentes puissent l'acheter. En fait, ils aiment des styles différents. Je pense que l'on peut danser sur la plupart des morceaux, pas tous mais je pense que l'on peut bouger sur des titres comme 'Cafeine' ou 'The Roadless Travel' ou encore 'Smoke on The Water'.

Tu utilises des sons très simples comme une machine à écrire, un jeu vidéo ou la pluie. Comment composes-tu ?

La plupart du temps, cela se fait par erreur. Ma fiancée, qui ne jure que par Mcintosh, a acheté une imprimante couleur Epson Stylus color. Lorsqu'elle l'a mise en route pour la première fois, ça a pris près de 10 minutes avant qu'elle ne soit prête à imprimer. "Quoi ? C'est quoi ce bruit ? Ok ! Amène-moi le micro !" (rires) et c'est comme ça que je l'ai enregistré. En fait, je fais les choses comme je les sens. C'est pour cette raison que j'ai appelé cet album "The Roadless Travel", car je ne l'avais jamais fait auparavant.

Tu connais le guitariste Français Christophe Godin ?

Oui ! C'est un grand guitariste ! Nous sommes de très bons amis.

Il a joué dans un groupe un peu dingue, appelé Ze Mörglbl Trio…

Oui, je sais ! J'ai tous les albums. Très bon travail ! J'aime beaucoup !

Quand on voit que Steve Vai, Joe Satriani et Robert Fripp jouent ensembles sur scène, les "guitar heroes", on se demande pourquoi il n'y a pas de Freak duo ou trio.

On en a beaucoup parlé, mais on manque de temps. On pensait faire un G3 ½, ou un G2 ½ (rires). Mais on verra bien.

En parlant des choses un peu dingues que tu utilises, comment en es-tu venu à jouer avec un Vibromasseur ?

Ah oui, le vibromasseur (rires) ! En fait, il s'agit d'un cadeau qu'on m'a fait. Je l'ai reçu pour mon anniversaire et je me suis demandé ce que c'était. Comme il possède un moteur, j'ai préféré l'essayer sur ma guitare plutôt que de l'agiter où tu sais. Et ça sonnait vachement bien ! Mais comme je l'avais déjà utilisé auparavant, je n'ai plus voulu le faire. Il n'y a donc pas de vibromasseur sur "The Roadless Travel".

Sur le premier Freak Guitar, tu avais fait une reprise de Kiss. Sur celui-ci, il s'agit d'une reprise de Deep Purple. Pourquoi ce choix ?

C'est une entreprise assez risquée de reprendre un titre comme "Smoke on the Water". Beaucoup de personnes l'ont reprise. C'est une chanson qui passe dans les pubs, les clubs. Je ne l'aurais jamais reprise. Mais il y a eu ce dinner chez un ami. Leurs ado téléchargeaient pas mal de choses de Kazaa dont "Smoke on the Water", qu'ils ont joué vraiment très très fort. Je me suis dit "C'est une chanson vraiment cool ! Je pourrais en faire une version techno !" A la suite de ça, j'ai reçu beaucoup d'emails des Etats-Unis un peu bizarres qui me disaient "Tu brûleras en enfer pour ce que tu fais de notre musique Rock" Et puis merde (rires) !

Une reprise de Zappa dans le prochain album ?

J'avais déjà fait une reprise de Zappa et j'ai eu beaucoup de problèmes. Ca coûte beaucoup d'argent. Notamment pour l'édition aux Etats-Unis que j'ai dû retirer des bacs. Les avocats de la famille Zappa étaient très chers. Etant aux States, Steve Vai voulait se battre pour ça. Cela aurait été beaucoup trop coûteux. Mais un jour, j'aimerais avoir le droit de pouvoir reprendre le travail de Zappa car j'aime vraiment sa musique.

Pourquoi avoir choisi de mettre des paroles sur un titre de cet album instrumental ?

Quand j'ai voulu déterminer l'ordre des morceaux, je me suis dit que ça avait vraiment un sens d'en avoir un avec des paroles parce que ça permettait de pouvoir écouter l'album en entier. Sinon tu deviendrais fou au bout de quelques minutes (rires) !

Un break en quelque sorte ?

Ouais ! Comme "Il est temps de respirer".

Quel est le public visé par cet album ?

Tout le monde. Tous ceux qui ont l'esprit ouvert . Il n'y a pas besoin d'être guitariste pour écouter cet album. Tu joues de la guitare ?

Pas vraiment. Et c'est pour cette raison que j'étais un peu effrayée à l'dée de faire cette interview. Je n'ai pas pour habitude d'écouter des albums instrumentaux. Mais quand j'ai écouté "The Roadless Travel", je l'ai trouvé complètement déjanté ! Toutes ces ambiances et ces sons dingues… Je me suis alors dit que tout le monde pouvait l'apprécier.

Oui ! Oui ! Je t'approuve complètement (rires) ! Merci ! C'était l'idée ! J'ai l'impression d'avoir réussi. Tu as compris ! Je suis vraiment ravi que tu le voies de cette façon ! Tu es une brave fille (rires) !

Un mot pour les lecteurs et les fans ?

Restez freaky ! Restez Français ! On se voit en novembre !