Set-list :

1ère partie :

The Invisible Man --- Marbles I --- You're Gone --- Angelina --- Marbles II --- Don't Hurt Yourself --- Fantastic Place --- Marbles III --- The Damage --- Marbles IV --- Neverland

2ème partie :

This is the 21st century --- Quartz --- Bridge --- Living with the Big Lie --- Three minutes boy (intro piano) --- The Party --- Between You and Me


Rappel 1 : Estonia --- Uninvited Guest --- King

Rappel 2 : Cover My Eyes --- Easter

Live Report


..:: MARILLION - GAZPACHO
Paris - l'Elysée Montmartre - Le 27 Mai 2004 -

Parler d'une première partie n'est pas toujours facile, car le groupe appelé à commencer cette fabuleuse soirée se nomme GAZPACHO, groupe norvégien aux multiples facettes et assez démonstratif pour ne pas dire trop. Le public déjà en nombre leur fait un bon accueil malgré l'uniformité des compositions dans un style allant du progressif, au rock moderne en passant par toutes sortes d'influences comme s'en réclament eux-mêmes les musiciens. Passé ce moment de mise en route, tout le monde s'impatiente pour la tête d'affiche. Et là tenez-vous bien ! Car MARILLION est un groupe qui fait figure de proue dans le domaine rock évolutif et c'est avec une certaine impatience que j'attendais les premières notes. En effet le tout nouvel album Marbles disponible en version simple dans le commerce et en version double sur leur site, fait déjà parler de lui. C'est un album d'une richesse énorme et d'un lyrisme incontournable. Comment reproduire sur scène ces élans si particuliers et cette sonorité "marillionesque" ? D'entrée le groupe se positionne tranquillement sur la scène aux premiers accords de "The Invisible Man" et devant un parterre fourni (la salle est comble) entame, avec l'arrivée grandiloquente du chanteur, M. Steve Hogarth, les morceaux de Marbles et dans l'ordre s'il vous plaît ! Seul "Damage" remplace "Drilling Holes". Ce fut une heure non stop d'une qualité sonore inouïe, une prestance incroyable et un chanteur non pas seulement chanteur mais acteur ô combien imprégné des paroles, un phénomène de scène, un grand monsieur, alliant douceur, force, lyrisme avec un feeling impressionnant, accompagné de musiciens hors pair au sommet de leur art. Les claviers enveloppent chaudement les compositions si belles et si attachantes et le public fin connaisseur est complètement sous le charme. Cela va au-delà de la simple communion, c'est une symbiose totale avec le groupe, qui se donne à fond sans expédier les compositions mais en gratifiant nos oreilles d'un bonheur immense. On en pleurerait tellement les morceaux de Marbles sont empreints de classe et de finesse. Du grand art. Après cette entrée en matière d'une heure, une petite pause permit de souffler. Alors que l'on croyait ce concert, déjà énorme, aller vers des chemins "classiques" et MARILLION nous assener des compositions plus "ordinaires" si le mot est possible, la seconde partie de plus d'une heure et demie allait transporter l'auditoire vers des horizons encore plus merveilleux. Les compositions superbes choisies au fil de leur carrière comme celles d'Anoraknophobia, notons "This Is The 21st Century" , "Quartz" ou "Between You And Me" et celles du célèbre Brave avec "Bridge", "Living With The Big Lie" sans oublier "The Party" ou le fameux "Cover My Eyes" issus de Holidays in Eden, sont autant de perles distillées avec une force, une conviction et une savoir-faire exemplaires. Tous ces morceaux repris en cœur par le public forcément conquis ont un impact incroyable et pour ceux qui les découvrent comme moi (mieux vaut tard que jamais !), c'est une véritable claque, un évident choc musical, comme il en arrive peu dans une vie, et le final époustouflant avec 2 rappels, laissera le public en transe et en plein bonheur. Qu'écrire de plus sur ce fabuleux moment, sur cette musique aux multiples parfums, sur ces musiciens pétris de talent et gonflés d'enthousiasme ? Les absents ne sauront jamais ce qu'ils ont raté. Quant aux présents, ils auront dans le cœur le souvenir inextinguible d'un souffle unique, d'une beauté rare, d'une chaleur palpable…. Merci infiniment de ce cadeau, MARILLION.


Franck Leber